Pourquoi avons-nous du mal à recevoir une critique de nos savoir-être ?

N’importe quel individu ayant déjà passé un entretien d’embauche où le recruteur a bien daigné faire un retour sur les raisons de son refus sait combien être évalué sur ses savoir-être est inconfortable voire douloureux.

Entendre un « vous êtes trop introverti », « vous n’avez pas assez le sens de la négociation » ou « vous êtes créatif, mais nous cherchons quelqu’un de plus méthodique », c’est comme recevoir une critique qui sous-entend que l’on n’est pas assez bien.

Mais est-ce là une vérité ? Une candidature ou une demande d’évolution refusée est-elle une critique de nos savoir-être ? En réalité, c’est plus complexe que ça en a l’air.

Tout d’abord, il y a la manière dont la personne en face de nous transmet son feedback. Si certains recruteurs sont sensibilisés à l’art de communiquer avec tact, ce n’est, hélas, pas encore le cas de tout le monde. Et il arrive dans ce cas qu’au lieu d’apporter un retour constructif sur l’adéquation des compétences du candidat avec le poste, le recruteur émette un réel jugement de valeur sur la personnalité du candidat.

Ensuite, il y a la manière dont le candidat perçoit et interprète les commentaires et retours du recruteur. Et c’est précisément ce sujet qui nous intéresse dans cet article. En effet, si nous digérons plus facilement une critique constructive sur nos savoir-faire, ce n’est pas le cas de nos savoir-être.

Pourquoi avons-nous alors tant de mal à recevoir une critique de nos savoir-être ?

On fait le point.

Les savoir-être, ça s’apprend ?

Si nous acceptons plus aisément un feedback négatif sur nos savoir-faire, c’est parce que nous y sommes habitués. Notre système scolaire est construit essentiellement sur la base de l’évaluation de nos compétences « techniques ». Ainsi, nous sommes notés sur notre orthographe, notre grammaire, nos connaissances mathématiques, historiques et géographiques...

Bien que de temps à autre un mot sur le comportement de l’élève se glisse dans le bulletin de notes, aucun savoir-être, aucune attitude comportementale n’est évaluée au cours de la scolarité.

Et c’est là un problème.

Lorsque l’élève obtient le diplôme, gage de reconnaissance de ses savoir-faire, le voilà projeté dans la jungle du monde du travail. Il postule à des offres d’emplois en espérant passer l’étape fatidique de l’entretien de recrutement. Au cours de cette expérience, il se confronte pour la première fois à l’évaluation de ses savoir-être au moyen notamment de tests de personnalité.

Quand ses savoir-être sont pointés du doigt, le candidat se trouve déboussolé, et ça peut se comprendre. Personne ne lui avait appris jusqu’à maintenant que tout comme les savoir-faire, les soft skills ça s’apprend et ça se développe !

Ainsi, dès lors que vous comprenez que vos savoir-être ne sont pas immuables, la critique prend une tout autre tournure. Rien n’est figé. Ce n’est pas parce que, par exemple, vous n’êtes pas assez empathique ou organisé que vous ne le serez jamais. D’ailleurs, si les neurosciences nous ont bien appris quelque chose ces dernières années, c’est ça : notre cerveau a la faculté de s’adapter et de se reformater. Une bonne nouvelle, n’est-ce pas ?

Un savoir-être n’est pas votre personnalité

Revenons à une définition. Qu’est-ce qu’un savoir-être ?

Dans le travail, un savoir-être est une compétence comportementale. Et on parle de compétence comportementale lorsque l’on sait mobiliser un savoir-être pour atteindre un objectif et résoudre un problème dans un contexte donné.

Or, un trait de personnalité comme la curiosité ou l’empathie ne dépend pas d’une situation donnée. C’est un élément de la personnalité qui est plus ou moins stable, quel que soit le contexte. Voyons un exemple avec la curiosité.

Pour transformer la curiosité en savoir-être, il faut la contextualiser. Dit autrement, en quoi le fait d’être curieux est-il un savoir-être ?

La réponse peut varier d’une entreprise à une autre en fonction de ses objectifs et particularités. Ainsi, ça pourrait être :

- Pour chercher des informations

- Pour développer son réseau

- Pour créer du lien avec son équipe et ses clients

- Pour apprendre plus facilement de nouveaux savoirs et compétences

- Pour développer sa pensée critique

- Pour imaginer et proposer des solutions innovantes.

En conséquence, ce n’est pas parce que vous ne savez pas développer votre pensée critique que vous n’êtes pas curieux. Comme vous le voyez avec cet exemple, un trait de personnalité peut s’exprimer en savoir-être de plusieurs manières. Comprendre cette différence aide à relativiser et à mieux accepter la critique et le retour négatif.

L’ego, le responsable de notre difficulté à recevoir la critique

Finalement, le responsable de notre difficulté à recevoir la critique n’est-il pas notre ego ?

Si l’on observe la relation candidat-recruteur, il y a de quoi comprendre que l’ego s’exprime. Dans l’esprit de certains d’entre nous (candidats, recruteurs, RH), cette relation est inégale. On perçoit le recruteur comme étant dans une position de supériorité face au candidat. Le premier offre une opportunité d’embauche et le second espère faire bonne figure et décrocher le poste.

Même chose une fois salarié. Même si les choses sont en train de changer (et c’est tant mieux !), il reste que certains collaborateurs sont considérés comme les petites mains des managers.

Or, une collaboration fonctionne sur le principe du donnant-donnant. Le candidat, futur salarié, et le collaborateur apportent leur temps et leurs compétences à l’entreprise.

Alors se pose une autre question : si le candidat ou le collaborateur reçoit négativement le retour fait sur ses savoir-être, n’est-ce pas par manque de confiance ? Par manque de connaissance de soi-même ou par peur ?

L’ego se nourrit de nos peurs. Or, la peur de ne pas être accepté pour ce que l’on est, est une peur que nous partageons tous. Le rejet est désagréable et l’ego est justement là pour nous en protéger.

Voilà pourquoi nos premières réactions face à une évaluation « négative » de nos savoir-être sont la colère, la déception, la tristesse ou la culpabilité. Être conscient de nos mécanismes de protection est déjà une première étape pour mieux accepter ce genre de situation.

Vous voilà maintenant au fait des quelques raisons principales qui nous amènent à mal vivre un retour négatif sur nos savoir-être en entretiens de recrutement et d’évolution professionnelle. La bonne nouvelle c’est que nous avons les capacités de modifier notre perception des choses.

Les tests de personnalité sont des outils très utiles pour en savoir plus sur les savoir-être du candidat. Utilisés avec bienveillance, ils peuvent non seulement vous aider en tant que RH et recruteur à trouver la perle rare, mais aussi aider le candidat à mieux se connaitre en milieu professionnel.

Ça serait dommage de s’en priver, n’est-ce pas ?

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